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Abdelkader Belaouni (“Kader”)
St. Gabriel’s Church, Pointe St-Charles, Québec.
En 1996, fuyant la guerre civile en Algérie, Kader se réfugie aux États-Unis. En 2003, en pleine vague d’intimidation anti-musulmane post-9/11, il quitte New York pour le Canada. En 2004, il apprend qu’il souffre de diabète. Sa demande d’asile au Canada et ses subséquentes demandes en appel sont refusées en 2005. Le 1er janvier 2006, il trouve asile à l’Église St. Gabriel de Pointe-St-Charles (Montréal), défi ant un ordre de déportation de Citoyenneté et Immigration Canada. En août, après huit mois d’asile, la demande de Kader pour l’obtention du statut de résident permanent sur la base de motifs d’ordre humanitaire est rejetée. Il se réfugie depuis à l’Église Saint-Gabriel, confronté à la déportation, tout comme neuf autres individus et familles au Canada.
Farah Kulmiyeh Abdill
Montréal, Québec
Ayant fui la guerre civile en Somalie, Farah vit au Canada depuis 1990. En 1991, il recevait le statut de résident permanent. En 1992, ce statut était révoqué sous prétexte d’un dossier criminel pour lequel il avait déjà purgé sa peine. La déportation de Farah a ensuite été retardée par un moratoire sur les déportations vers la Somalie. Sa situation demeure inchangée depuis quatorze ans, période pendant laquelle il n’a pu poursuivre une éducation post-secondaire ou trouver un travail stable. Porteur du VIH depuis 1992, la vie de Farah, dont la santé est très fragile, dépend de traitements qui ne sont pas disponibles en Somalie.
Amparo Torres
Toronto, Ontario
Amparo était organisatrice syndicale et membre fondatrice du Union Patriotica, un groupe d’encadrement pour les partis politiques de gauche en Colombie. En dépit de l’assassinat de 4 000 de ses collègues, Amparo poursuit ses actions politiques. En 1992, après avoir été torturée pendant cinq mois, elle fuit la Colombie. Sa vie est en danger et le Canada lui accorde le statut de résidente permanente. En 2003, le Canada ajoute Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à sa liste des organisations terroristes, une organisation dont la légitimité était pourtant auparavant reconnue. Le frère et l’ex-mari de Amparo étaient membres de la FARC. Le SCRC bloque sa demande de citoyenneté, l’accusant d’être associée à une organisation terroriste. La loi faisant que les preuves sont gardées secrètes, Amparo ne peut se défendre. Elle nie toutes ces allégations, mais le gouvernement canadien poursuit les démarches menant à sa déportation.
Suleyman Goven
Toronto, Ontario
Suleyman est kurde alevi, en Turquie il était ingénieur et organisateur syndical. Il a été torturé en 1980. Il arrive au Canada en 1991 où il reçoit le statut de réfugié. En 1994, il est interrogé par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) qui tente de le lier à une organisation qu’ils considèrent comme terroriste. Il est alors menacé de voir sa demande d’obtention du statut de résident bloquée s’il n’accepte pas d’espionner la communauté kurde de Toronto. Le SCRS met sa ligne téléphonique sous écoute, le fait suivre, le prend en photo et commence à forger un dossier pour mettre en échec sa demande de résident. En 2000, Suleyman est nommé « Réfugié de l’année » par le « Toronto Refugee Affairs Committee ». Néanmoins, en 2001, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) déclare Suleyman inadmissible au Canada. En 2005, Suleyman poursuit le Gouvernement fédéral pour les préjudices causés par CIC et le SCRS. En 2006, 15 ans après son arrivée au Canada, le statut de résident permanent lui est accordé. Il souffre de troubles nerveux post-traumatiques qui font suite à des années d’intimidation.
Mohamed Harkat
Ottawa, Ontario
Mohamed était membre du Front de libération islamique en Algérie, au début des années 1990. Lorsque la dictature a écrasé le mouvement démocratique, Mohamed s’est enfui en Arabie Saoudite, puis au Pakistan où il a travaillé dans des camps de réfugiés pour la Muslim World League. En 1997, il recevait le statut de réfugié au Canada, se maria et trouva du travail. En 2002, Mohamed est arrêté à Ottawa sous des allégations de lien avec al Qaeda, sans aucun chef d’accusation ou preuve. En 2006, après onze mois d’emprisonnement cellulaire, en isolement complet, et 32 mois dans une prison conventionnelle, il est mis en liberté provisoire sous des conditions très strictes : il doit porter un bracelet GPS, être en tout temps accompagné de sa femme ou de sa belle-mère; les agents du ASFC peuvent entrer chez-lui et fouiller sa maison 24 heures sur 24, lire son courrier et intercepter ses appels téléphoniques. Il lui est défendu de parler l’arabe, d’utiliser un ordinateur, un téléphone portable ou un blackberry. Mohamed a contesté la constitutionalité des certificats de sécurité devant la Cour Suprême en 2006 dont il attend la décision. Il nie toute implication terroriste. Déporté, il ferait face à la torture et à la mort.
Mahmoud Jaballah
Metro West Detention Centre, Toronto, Ontario
Mahmoud a été arrêté, torturé et relâché sans accusations sept fois sous le régime égyptien de répression des intégristes musulmans. Les tortures infligées à sa femme lui ont fait perdre l’enfant qu’elle portait. Ils réclament asile au Canada en 1996. Père de six enfants, Mahmoud devient directeur d’une école islamique à Scarborough. Se fiant à des informations fournies par les autorités égyptiennes, le SCRS utilise la mesure du Certificat de sécurité pour l’arrêter en 1999, alléguant son implication dans une organisation terroriste. L’affaire a été annulée, les preuves gardées secrètes jugées non crédibles. Mahmoud a été libéré, puis arrêté de nouveau en 2001. Aucunes nouvelles preuves n’ont été amenées. Mahmoud nie toutes ces allégations mais est détenu sans chef d’accusion et sans accès aux preuves depuis. Il souffre depuis sa détention de maux de dos chroniques, de problèmes respiratoires, de douleurs à la poitrine, est sujet aux évanouissements et a de la difficulté à se concentrer. Malgré avoir admis qu’il ferait face à la torture et à la mort s’il était déporté, le Gouvernement du Canada poursuit sa déportation.
Hassan Almrei
Metro West Detention Centre, Toronto, Ontario
Hassan est né en Syrie en 1974. Sa famille a fui en Arabie Saoudite pour échapper à la persécution du gouvernement. À 17 ans, il a joint les jeunes musulmans recrutés par les États-Unis et l’Arabie Saoudite pour former une armée mandataire contre les Russes. Al-Qaeda existait à peine à l’époque et Hassan nie tout contact avec eux. Comme les noncitoyens ne peuvent rester en Arabie Saoudite sans permis, Hassan vient au Canada en 1999. Il reçoit un statut de réfugié. En 2001, Hassan est arrêté sous le couvert d’un Certificat de sécurité. Il est emprisonné depuis sans chef d’accusation. Le SCRS allègue qu’il serait lié à al-Qaeda. Toutes les preuves demeurent secrètes. En 2003, Hassan fait une grève de la faim pour obtenir des chaussures et pour avoir du chauffage dans sa cellule, en isolement complet, dans laquelle il a passé les 49 premiers mois de son incarcération. Il a contesté la constitutionnalité des Certificats de sécurité devant la Cour Suprême en 2006 dont il attend la décision. Déporté en Syrie, il ferait face à la torture et à la mort. Il a entrepris une grève de la faim en 2006 pour contester ses conditions d’incarcération.
Alvaro, Marcela et Mireya Vega
St. Andrew’s Norwood United Church, Ville St-Laurent, Québec
Alvaro Vega était professeur à Bogota en Colombie. Il enseignait, aidait les paysans à mettre en place des systèmes coopératifs et parlait publiquement de la violation des droits de l’homme. En 2001, Alvaro est séquestré et torturé. Il s’échappe mais deux atteintes subséquentes à sa vie le force à s’enfuir au Canada avec sa famille. Il embauche un consultant en immigration pour traduire son histoire de l’espagnol au français. Des erreurs sont faites et ces écarts entraînent le refus de la demande d’asile de la famille. Les tentatives subséquentes pour obtenir leur statut de résidents sont refusées. En 2003, la famille Vega est avisée qu’elle doit quitter le pays dans le mois qui suit. La congrégation St. Andrew’s Norwood United Church de Ville St-Laurent décide de leur offrir asile. Après 567 jours au cours desquels leur seul accès à l’extérieur se limitait à un petit espace de toiture sur le côté de l’église, leur demande en appel est acceptée.
Marina Troshina avec ses enfants German, Sonia et Adam
Montréal, Québec
Marina est née en Russie et a demandé l’asile au Canada avec son mari en 1999, un Russe d’origine juive. Ils sont arrivés au Canada par l’État d’Israël où son mari avait amené la famille en 1996. Nonjuifs, Marina et son fils aîné, German, ont souffert de discrimination en Israël. Arrivé au Canada, le couple a eu deux autres enfants, Sonia et Adam. En 2005, le couple se séparait, puis Citoyenneté et Immigration Canada informait Marina de leur intention de la déporter elle et son fils German en Israël. Marina attend toujours cette décision. Sans statut légal depuis sept ans, Marina n’a pas accès aux programmes gouvernementaux de service de garde. Ni elle ni German ne peuvent poursuivre des études post-secondaires. Elle ne peut travailler qu’en obtenant un permis de travail ce qui l’empêche de conserver un emploi stable. Elle craint d’être séparée de ses enfants par la déportation.
Osama Saleh Omar
Montréal, Québec
Osama est un réfugié palestinien originaire du village de Beit Lid en Cisjordanie. En 2001, il a fui l’occupation israélienne où il a assisté à l’arrestation de son père, et a lui-même été harcelé, battu et emprisonné quatre fois pour un total de 18 mois. Sa demande d’asile a été rejetée par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) en 2002, à un moment où sévissait la répression en Palestine. En 2004, la Cour Fédérale ordonnait à CIC de reconsidérer sa requête compte tenu du risque auquel il devrait faire face s’il est déporté. CIC rejeta encore sa demande. Plus tard, le Ministère de la Justice acceptait sa requête et la redirigeait vers CIC, qui la refusait encore en mars 2006. Osama a réitéré sa demande à la Cour Fédérale qui en septembre 2006 acceptait sa demande et la dirigeait à nouveau vers CIC. Il attend toujours la révision de son dossier.
Youssef El-Loubani
Montréal, Québec
Youssef a grandi en tant que palestinien apatride dans le camp de réfugiés de Bourj el-Barajneh au Liban, en pleine guerre civile, assailli par les états de siège, les massacres et la faim. Enfant, atteint par un obus suite au bombardement de sa maison, il a subit une opération chirurgicale. À l’âge de 11 ans, sa soeur est enlevée par un militaire syrien, elle est violée à répétition, emprisonnée et retournée à sa famille quatre ans plus tard, enceinte. Comme les palestiniens au Liban sont exclus de plus de 75 professions, Youssef a demandé et obtenu un visa étudiant canadien en 2000, il réclama plus tard le statut de réfugié. Sa demande d’asile est rejetée en 2003. Il réitère ensuite sa demande sur la base de motifs d’ordre humanitaire, seul recours possible pour les personnes vivant au Canada sans statut légal. Sa demande est acceptée en 2006.
Fouad Sakr
Montréal, Québec
En 1948, suite à la création de l’État d’Israël, Fouad est forcé de fuir sa maison. Il a grandi dans le camp de réfugiés de Ein el-Helweh au sud du Liban. Comme les palestiniens sont bannis de plus de 75 professions au Liban, Fouad est parti pour le Koweït pour poursuivre sa carrière d’infirmier. Il perd son travail en 1990 sous l’invasion irakienne. Il retourne au Liban, se débat pour survivre et part pour le Canada en 2001 réclamer l’asile. Au même moment, le frère de Fouad dépose aussi une demande d’asile. Deux officiers différents de l’immigration entendent leurs requêtes; celle de son frère est acceptée alors que la sienne est refusée, pourtant leurs cas sont les mêmes. Fouad attend depuis cinq ans une réponse à sa demande en appel. Il a commencé à souffrir depuis d’hypertensionet de diabète et fait face à une déportation au sud du Liban.
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